
L'hôtel Montescot est une construction des premières années du 17e siècle, dont les façades et les toitures ont été classées parmi les monuments historiques le 31 mai 1939.
En 1546, Jean de Montescot, seigneur de Mainvilliers-la-Garenne, administrateur des domaines et revenus du duché de Chartres, fait édifier un hôtel dont son fils Claude, notaire et secrétaire du Roi, hérite en 1575. On est alors en pleine guerre civile, le parti de la Ligue devient le maître à Chartres et Claude de Montescot, fidèle au Roi, doit s'enfuir en 1588 ; ses biens sont saisis, son hôtel est occupé par les chefs ligueurs. La prise de Chartres par Henri IV (1591) favorise son retour, mais son hôtel a été dévasté et il doit faire reconstruire le bâtiment détruit. Une inscription sur la frise de l'entablement apprend à la postérité quand fut achevée la reconstruction de la demeure ancestrale des Montescot dans laquelle Claude est né : « ATAVITAM. MONTESCOTIORVM. QVA NATVS. DOMVM. CLAVD. RESTITVIT : 1614». Les frontons des trois portes avec leurs génies ailés sont authentiques. La salle du rez-de-chaussée à gauche utilisée pour les mariages a conservé son plafond peint du 17e siècle où se remarquent les initiales de Claude de Montescot et de son épouse Magdeleine Havardin.
Après la mort de Claude, son fils Jacques vend l'hôtel, le 6 octobre 1625, aux Ursulines de Saumur qui se consacrent à Chartres à l'éducation de jeunes filles pauvres jusqu'en 1759. En 1761, les Filles de la Providence occupent l'hôtel. Elles recueillent des orphelines, tiennent école, ouvroir, et se chargent aussi d'enfants sourdes et muettes. D'abord la Révolution les épargne puis, en 1792, leurs biens sont remis au Bureau des Pauvres.
Le 6 novembre 1792 le Bureau des Pauvres, nouveau propriétaire, loue à la ville de Chartres l'hôtel Montescot pour lui servir de Maison commune, celle de la rue des Changes étant devenue insuffisante. Une réception y est donnée, le 6 juin 1811, en l'honneur de l'empereur Napoléon 1er de passage à Chartres : dans la cour est aménagée une salle de bal !
La ville acquiert finalement l'hôtel Montescot en 1824. Les façades extérieures sont restaurées en 1857 et, par erreur l'on fait sculpter sur l'écusson du portail vers la cour (martelé sous la Révolution) des armoiries qui sont celles de Jean de Montescot, sergent royal au 15e siècle, mais non celles des Montescot bâtisseurs de l'hôtel ! En même temps sont remplacés aux frontons des portes les bustes disparus d'Henri IV, de Louis XIII, de Marie de Médicis (marque de l'attachement de Claude de Montescot à la famille royale).
En 1833, un musée est installé dans l'aile gauche et ouvert le 18 mai 1834. On bâtit, en 1871, deux ailes supplémentaires. La bibliothèque peut ainsi occuper, en 1873, l'aile nouvelle du côté de la place des Halles et l'année suivante l'autre aile est prête pour le musée. Les rez-de-chaussée sont réservés pour l'extension des bureaux, l'aménagement des salles du conseil et des mariages. Peu d'années après, un nouveau plan d'agrandissement est conçu. Y trouvent place la salle de la Justice de paix, deux greffes, une salle de conférences et une extension pour la bibliothèque. Enfin l'achat en 1900 d'un immeuble rue au Lin, procure au musée deux salles au rez-de-chaussée et, dans le corps principal, un logement pour le secrétaire général de la mairie.
Quand survient le sinistre du 26 mai 1944, le musée a été transféré à l'ancien évêché et inauguré le 11 juin 1939, ainsi peut-il être sauvé ; mais les bombes et le feu détruisent presque entièrement l'aile de la Justice de paix et celle de la bibliothèque, avec les trésors de manuscrits, de gravures et de livres qu'elle renfermait. Une politique de restauration est menée après la guerre et l'on accole à l'Hôtel Montescot un nouveau bâtiment, inauguré en 1960, et dont l'accès se fait par la place des Halles.
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