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Le cloître des Cordeliers

Actuelle école nationale de musique et de danse

L'ordre des frères mineurs de Saint-François, appelé Cordeliers à cause de la corde que les frères portaient par dessus leur vêtement de drap gris, fut institué en Italie par saint François en 1223. Il s'agit d'un ordre mendiant qui se distingue dans l'enseignement de la théologie et de la philosophie.

Premier emplacement du couvent des Cordeliers

Les frères mineurs s'établissent à Chartres en 1231. Le chapitre leur donne pour y bâtir leur couvent un terrain au lieu dit le Faubourg (actuel Grand Faubourg) hors la place des Épars. Ils y entrent en 1238. Ils s'enrichissent, grâce aux nombreuses donations de nobles et bourgeois chartrains et en 1391 une école de théologie est établie dans leur couvent. Au début au 16e siècle, à l'apogée de leur richesse, ils ont perdu beaucoup de leur austérité primitive aussi, en 1502, le pape prescrit la réformation de tous les établissements de l'ordre. De frères Prêcheurs ils deviennent alors Pénitents et sont réduits à leur pauvreté initiale.

Destruction du couvent

Lors du siège de 1568, le couvent des cordeliers apparaît comme dangereux pour la sécurité de la ville : il pourrait donner asile aux assiégeants. Le 3 mars, M. de Linières, gouverneur de Chartres donne donc ordre de le détruire. Lorsque le siège est achevé, les Cordeliers ne réintègrent pas leur couvent qui reste en ruine jusqu'en 1620, date à laquelle une petite chapelle est construite à son emplacement pour les habitants du faubourg (on l'appelle le Petit Saint-François) .

Reconstruction rue Saint-Michel

Pendant le siège de 1568, les Cordeliers se réfugient au prieuré dépendant de l'abbaye Saint-Jean-en-Vallée, proche de Saint-Etienne dans le cloître Notre-Dame. 
Dès le 21 avril 1568, ils obtiennent des échevins le droit d'acheter un enclos en ville. Ils s'installent d'abord provisoirement dans l'hôpital Saint-Hilaire, rue Saint-Pierre, puis ils édifient un nouveau couvent entre la porte Saint-Michel et la tourelle de Saint-Père, sur un emplacement dépendant de la vigne de Saint-Père cédé par les moines de cette abbaye.
Les bâtiments comprenaient alors une église, la sacristie, une salle capitulaire, un cloître, une bibliothèque, un réfectoire et un dortoir. Au 18e siècle l'entrée principale du couvent est située rue Saint-Michel. De toutes les parties qui subsistent c'est la plus moderne.
En 1766, l'ordre compte encore dix religieux profès, huit étudiants, deux frères laïcs, un domestique. En 1790 il ne reste que six religieux.

Disparition des Cordeliers

A la Révolution, la chapelle sert aux assemblées des trois ordres pour l'élection des députés aux États généraux de 1789. En 1793, le couvent est vendu comme bien national et est destiné aux services du département. En 1795, une École centrale, instituée par décret du 25 octobre 1795, est établie dans l'ancien couvent. Les bâtiments deviennent ensuite école secondaire et enfin sont annexés au nouveau lycée. La bibliothèque départementale occupe un étage de 1805 à 1837.

Aujourd'hui

Actuellement, il reste les façades et toitures de la partie des bâtiments conventuels entourant la cour intérieure, bordée d'un cloître à colonnes toscanes, un fragment de mur nord de la chapelle, la porte d'entrée rue Saint-Michel dont les pilastres sont ornés de trophées d'armes et deux inscriptions, hébraïque « ma maison s'appellera pour vous une maison de prières » et grecque « ne t'élève pas mais crains ».
L'ensemble a été inscrit à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1959 et en 1979.
L'École nationale de musique et de danse de Chartres s'y installe à l'automne 2003.