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Les portes de Chartres

Pratiquement toutes les portes de la ville ont été détruites au cours de l'histoire. Une seule, la Porte Guillaume, a résisté tant bien que mal aux assauts du temps et des guerres. Mais après avoir été épargnée, elle est presque totalement détruite par l'armée allemande. Aujourd'hui, elle fait l'objet d'un programme de reconstruction.

La porte Guillaume


Au 9e siècle, les quartiers riverains de l'Eure étaient protégés par quelques ouvrages fortifiés réunis par une palissade, puis des remparts en maçonnerie furent construits.

La Porte Guillaume, reconstruite au 14e siècle, était un spécimen de l'architecture militaire du Moyen Âge. Tout ce qui constitue une forteresse s'y trouvait : de longues ouvertures (nécessaires à la manœuvre du pont-levis) marquaient le corps central au-dessus du passage doublé d'une porte basse pour piétons ; une herse, des meurtrières à embrasures…

La façade extérieure se composait de deux puissantes tours rondes couronnées de créneaux et de mâchicoulis, auxquelles venaient aboutir le chemin de ronde et le mur de rempart.

Pendant des siècles, c'est par cette porte que les voyageurs venant de Paris entraient en ville. Il faudra attendre la construction du pont de pierre de >la Courtille au 18e siècle pour que le trafic contourne la ville. La porte rappelait le nom du Vidame de Chartres, Guillaume de Ferrières. Sous la Révolution, lorsqu'on proscrit les noms évoquant l'Ancien Régime, elle s'appellera porte Guillaume Tell !

Son intérêt architectural lui permit de survivre à la démolition des remparts qui avait commencé en 1806 par la mise à bas de la Porte des Épars. En 1856, alors qu'elle sert de dépôt de combustible à un boulanger voisin, elle est endommagée par un incendie. Réparée, elle abritera une bibliothèque populaire.
Malheureusement, cet édifice, qui avait été classé monument historique en 1852, sera presque totalement détruit par l'armée allemande en retraite dans la nuit du 15 au 16 août 1944.

La Porte Saint-Yves

La présence de deux autorités rivales, le comte et le clergé, a été longtemps source de conflits. A plusieurs reprises au cours des 11e, 12e et 13e siècles, les chanoines ont dû s'exiler, à cause des brutalités des gens du comte (qu'ils ne manquaient pas d'excommunier à titre de représailles !).

En 1256, le comte Jean de Châtillon autorisa le chapitre à enclore de murs le quartier de la cathédrale. Cette clôture était percée de neuf portes habituellement fermées pendant la nuit. Cette situation persista jusqu'au 18e siècle. La plupart des portes furent démolies après la Révolution.
Cette porte était aussi appelée porte de l'Officialité car elle menait au tribunal ecclésiastique qui se tenait dans la salle souterraine de l'enclos de Loëns. Devant elle s'est tenu, jusqu'au début du 20e siècle, le marché à la filasse, fabriquée avec le chanvre cultivé alors dans le pays chartrain. Pendant la foire de Saint-André, il pouvait se négocier jusqu'à 10 000 kg de filasse.

La Porte Drouaise : une brèche dans les remparts

En 1568, la guerre entre catholiques et protestants déchire la France. A la fin de février, 9 000 soldats protestants commandés par le prince de Condé mettent le siège devant Chartres. La ville a reçu une garnison de 4 500 hommes, et les bourgeois chartrains, bons catholiques, vont les seconder. La porte Drouaise est attaquée. Après un jour et demi, l'artillerie protestante réussit à faire une brèche dans la muraille entre la porte et la rivière mais le gouverneur de la ville fait élever un second retranchement de terre recouvert de balles de laine qui amortissent l'impact des boulets. Quelques assauts sur d'autres secteurs échouent, puis les protestants lèvent le siège. Les Chartrains tireront un légitime orgueil d'avoir ainsi défendu leur foi et sauvé leur ville.

La Tour du Massacre

Dans le secteur où les Vieux Fossés et les Fossés Neufs viennent rejoindre le cours principal de l'Eure, l'enceinte était défendue par les deux tours de Léthinière et du Massacre.

En février 1591, Henri de Navarre, le futur Henri IV, à la conquête de son royaume, vient mettre le siège devant Chartres. Après deux semaines de négociations, l'attaque est lancée dans le secteur ouest de la ville où elle échoue, puis dans ce secteur où elle contraint les Chartrains à capituler. Trois ans plus tard, Henri IV reviendra à Chartres pour s'y faire couronner.
Lors de la restauration de la tour du Massacre, des boulets de pierre ont été retrouvés incrustés dans la muraille.