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L'hôtel des Postes


En juin 1875, le développement des services de la Poste exige un nouveau bâtiment. La décision de construire un nouveau bâtiment sera prise en 1919, à côté de la place des Epars. Ce bâtiment qui rompt, à l'époque, avec les habitudes de la population, est aujourd'hui la médiathèque l'Apostrophe.

Le choix de l'emplacement

A la fin du 19e siècle plusieurs projets d'emplacement n'eurent pas de suite. Il fallut attendre juin 1919 pour que se dessine la solution, à savoir la construction sur un terrain détaché du marché aux chevaux. La délibération du conseil municipal en date du 24 septembre 1919 entérine ce choix. Un protocole signé en 1919 décide de la cession gratuite par la Ville d'un terrain de 1383 m² à l'État qui prend à sa charge la construction de l'édifice. Le choix de l'emplacement du bâtiment constitue une rupture dans les habitudes de la population mais il est à mettre en relation avec la politique d'embellissement de la ville développée tout au long du 19e siècle. Situé entre deux hauts lieux du « tour de ville »la place Châtelet avec son arc de triomphe en mémoire des enfants d'Eure-et-Loir morts pour la patrie et la place des Épars avec la statue de Marceau, le nouvel hôtel des Postes se présente comme une pièce maîtresse de l'urbanisme chartrain. Les services sont enfin transférés le 17 juin 1928.

L'architecte

L'architecte désigné pour réaliser l'opération est Raoul Brandon (1878-1941). Talentueux enfant du pays (il est né à Lucé), ancien élève des Beaux-Arts à Paris, il a d'abord travaillé pour l'atelier Scellier de Gisors. Rapidement, il a su développer une intense activité et s'est trouvé à la tête d'un cabinet florissant. Il est alors connu pour avoir construit de nombreux immeubles pour une clientèle privée et s'est fait remarqué par sa participation à de nombreux concours internationaux d'architecture.

L'édifice

La façade de l'édifice reproduit un thème souvent employé par Brandon dans ses immeubles parisiens : un jeu sur l'encorbellement avec des consoles soutenant un balcon-loggia. Le bel effet architectural est produit par le mode de construction : piédroits et claveaux des arcs forment une dentelle de pierre au sommet de la façade. Brandon puise son inspiration dans le Moyen Âge et particulièrement dans le gothique flamboyant du clocher neuf de la cathédrale. L'hôtel de la poste constitue ainsi comme une réponse contemporaine à l'édifice médiéval. Un beffroi portant horloges et le couronnement de l'édifice (toitures morcelées, galbes et lucarnes) lui dessinent une silhouette particulière.

Le décor

Brandon fait œuvre d'imagier en illustrant l'édifice d'une série de mosaïques qui constitue une sorte de poème à la communication glorifiée par la paix. Les mosaïques évoquent l'histoire d'une lettre transportée par voie de terre, de fer, de mer, et d'air - c'est l'époque glorieuse de l'Aéropostale - et remise par le facteur à une paysanne beauceronne curieusement intemporelle avec sa coiffe médiévale. 

Un rameau d'olivier et le mot « Pax » inscrits au-dessus de l'entrée du bâtiment, dominés par le masque d'Hermès (messager des dieux) invitent à méditer sur la paix.

Une architecture « prétentieuse »

« Notre-Dame-des-Postes » ou « Basilique Saint-Brandon » ... Le bâtiment ne fut pas du goût de tous les Chartrains et les surnoms ne manquèrent pas pour moquer une architecture que l'on jugeait alors trop prétentieuse. L'histoire a jugé ! En 1994, l'hôtel des postes a été inscrit à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques..

En 2006, la municipalité a racheté l'hôtel des Postes et y a installer, en 2007, sa grande médiathèque l'Apostrophe. L'aménagement a été confié à l'architecte Chemetov.