Votre ville - Découvrir Chartres

Personnages illustres

Chartres ne s'est pas faite en un jour ni par un seul homme. Mais beaucoup ont contribué à rendre la ville telle qu'elle ait aujourd'hui. En voici quelques uns :

Fulbert, évêque bâtisseur (Italie, v. 960 - Chartres, 1028)

Il est évêque depuis 1006 lorsque, dans la nuit du 7 septembre 1020, le feu détruit la cathédrale carolingienne. Il entreprend immédiatement sa reconstruction, obtenant l'aide du roi de France, du comte de Chartres, du duc de Normandie et du roi d'Angleterre, pour la faire plus grande et plus belle. Il est également à l'origine des Écoles de Chartres dont l'enseignement rayonna dans tout l'Occident.


Jean de Salisbury, secrétaire de Thomas Becket (Salisbury, 1115 - 1180)

Brillant élève des Écoles de Chartres, il est ensuite secrétaire de Thomas Becket, le grand clerc assassiné par des partisans du roi d'Angleterre (dont il écrivit la « Vie »). Il devient évêque de Chartres en 1176. On peut voir le tombeau de cet intellectuel d'origine anglaise à la Fondation d'Aligre, à Lèves (Eure-et-Loir).


Jehan Texier dit Jehan de Beauce, architecte (s.l., s.d. - Chartres, 1529)

Le 26 juillet 1506, la flèche de charpente du clocher nord de la cathédrale est foudroyée et prend feu. Du 24 mars 1507 au 5 août 1513, le maître maçon Jehan de Beauce reconstruit le clocher. C'est le plus haut clocher de pierre en France, après la flèche de Strasbourg. Jehan de Beauce est inhumé, aux frais du chapitre de la cathédrale, dans l'église saint-André le 29 décembre 1529.


Mathurin Régnier, poète satirique (Chartres, 1573 - Rouen, 1613)

Neveu du poète de cour Philippe Desportes, il mène la vie d'un libertin, voyage à Rome où il fait connaissance des burlesques italiens. Poète très moderne, il attaque les mœurs de son temps dans des « Satires » en vers auxquelles il doit sa célébrité.


André Félibien, historien d'art (Chartres, 1619 - Paris, 1695)

Secrétaire d'ambassade à Rome, il devient en 1666 historiographe des bâtiments et, en 1671, secrétaire de l'Académie d'architecture. Membre fondateur de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, ami et biographe de Poussin, il est considéré comme le premier historien d'art français.


Pierre Nicole, moraliste (Chartres, 1625 - Paris, 1695)

Il enseigne aux Petites Écoles de Port-Royal, soutient des polémiques en faveur du jansénisme. Auteur des « Essais de morale » (1671-1678), il regagne Paris en 1683 après s'être exilé aux Pays-Bas et dans les Flandres.

Robert Challe, écrivain (Paris, 1659 - Chartres, 1721)

Avocat à la cour de Paris, obligé de quitter la ville pour son mauvais esprit, il commence une vie de voyageur : Canada, Suède, Italie… Après avoir connu les geôles anglaises, puis les Indes et le Siam, il se consacre à l'écriture à son retour en France. En 1719, ses impertinences verbales envers l'Église lui valent un exil à Chartres. Il y partage son temps entre son métier d'avocat et son œuvre d'écrivain.


Emmanuel Joseph Sieyès dit l'abbé Sieyès, homme politique (Fréjus, 1748 - Paris, 1836)

Entré sans vocation dans les ordres, il est nommé vicaire général de Chartres en 1787. Installé à Paris en 1788, il publie sa brochure célèbre : « Qu'est-ce que le Tiers-État ? » (1789). Député du Tiers État, il joue un rôle important sous la Révolution. Élu directeur en 1795, il siège au Conseil des Cinq-Cents qu'il préside en 1797, prépare le coup d'État du 18 brumaire an VIII qu'il réussit avec Bonaparte. Écarté des hautes fonctions politiques, il est fait comte d'Empire en 1809 et pair pendant les Cent-Jours. Banni comme régicide en 1816, il s'exile en Belgique et ne rentre en France qu'après 1830.


Jacques-Pierre Brissot dit Brissot de Warville, homme politique (Chartres,1754 - Paris, 1793)

Journaliste, partisan des idées nouvelles (il a voyagé en Angleterre, en Hollande et aux États-Unis), il fonde, le journal « Le Patriote français » et la Société des Amis des Noirs. Membre du Club des Jacobins, dès les débuts de la Révolution, il réclame la proclamation de la République après la fuite du roi (20-21 juin 1791). Député à la Législative et à la Convention, il est un des chefs du mouvement girondin (parfois appelé "brissotin"). Pour s'être opposé vivement aux Montagnards et à Robespierre, il est guillotiné en 1793.

Jérôme Pétion de Villeneuve, homme politique (Chartres, 1756 - Saint-Émilion,1794)

Avocat à Chartres, élu député du Tiers Etat en 1789, il était membre de la Société des Amis des Noirs et du Club des Jacobins. Maire de la commune de Paris (nov. 1791 - nov. 1792), premier président de la Convention et membre du premier Comité de Salut public, il se rallie aux Girondins. Lors de leur élimination (juin 1793), il tente un soulèvement fédéraliste en Normandie. Ayant échoué, il se suicide.


François Marceau, général (Chartres, 1769 - Altenkirchen, 1796)

Il entre dans la garde nationale en 1789. A 24 ans, il est nommé général de brigade et commandant en chef des armées de l'Ouest. En 1794, général de division à l'armée de Sambre-et-Meuse, il commande l'aile droite de la bataille de Fleurus, où il décide de la victoire : la République est sauvée. Durant la campagne de 1796, il est mortellement blessé le 19 septembre et expire deux jours plus tard à Altenkirchen (Autriche) après avoir reçu le dernier hommage des généraux autrichiens. Ses restes sont transférés au Panthéon en 1889.


Claude-François Chauveau-Lagarde, avocat (Chartres, 1756 - Paris, 1841)

Cet avocat se distingue par son courage durant la Terreur en défendant Brissot, Charlotte Corday, la reine Marie-Antoinette et la princesse Élisabeth, sœur du roi. Arrêté, il est sauvé par la journée 9 Thermidor an II (27 juillet 1794) et la chute de Robespierre. Il devient avocat au Conseil du roi à la Restauration et président du Conseil de l'ordre des avocats en 1824.

Noël Parfait, homme politique (Chartres, 1813 - Paris, 1896)

Élu en 1848 député d'Eure-et-Loir, ce journaliste condamné plusieurs fois pour ses écrits contre le pouvoir, combat l'action de Louis-Napoléon Bonaparte, alors président de la République. Après le coup d'État du 2 décembre 1851, il est expulsé de France. Il s'installe en Belgique et devient le secrétaire d'Alexandre Dumas. Amnistié en 1859, il revient en France et collabore à divers journaux. Réélu député en 1871 et 1889, il siège parmi les membres de la gauche républicaine.


Charles Péguy, écrivain (Orléans, 1873 - Villeroy, 1914)

En1895, il milite pour les idées socialistes. Dreyfusard, en 1900, il se sépare de ses anciens compagnons de lutte dont il désapprouve l'anticléricalisme et l'antimilitarisme. Les « Cahiers de la Quinzaine » qu'il fonde en 1900 révèlent son évolution : il lie sa mystique socialiste à une mystique de la patrie française. Revenu à la foi catholique en 1908, il fait des pèlerinages à Notre-Dame de Chartres entre 1912 et 1914 et mène, dès lors, de pair, son œuvre en prose, souvent polémique, toujours engagée, et une œuvre lyrique chargée de spiritualité. Mobilisé le 4 août 1914, il est tué d'une balle au front, la veille de la bataille de la Marne.


Raymond Isidore dit Picassiette, artiste (Chartres, 1900-1964)

Cet ancien employé municipal construit sa maison en 1930. Son installation à la périphérie de la ville le mène à proximité des carrières et des décharges publiques où il trouve une énorme quantité de débris de poterie et de morceaux de verre qu'il décide de rassembler. Il commence à décorer sa maison avec ces débris à la fin des années 30, et il ne s'arrête qu'à sa mort.

Jean Moulin, préfet (Béziers, 1899 - en déportation, 1943)

Nommé préfet d'Eure-et-Loir en février 1939, il a, à partir de septembre 1940, la lourde charge d'administrer un département par temps de guerre et s'illustre alors par son patriotisme et son humanité. Dès leur arrivée, les Allemands tentent de lui faire signer un document accusant les troupes noires de l'armée française d'avoir massacré des femmes et des enfants. Malgré les violences subies, il refuse et préfère se trancher la gorge. Finalement relâché, il s'efforce de protéger la population des exactions de l'occupant. Révoqué par le Gouvernement de Vichy, le 2 novembre 1940, il entre dans la clandestinité. Chargé par Charles De Gaulle d'organiser la résistance en France, il crée le Conseil National de la Résistance (mai 1943). Arrêté peu après par la Gestapo de Lyon, il meurt des suites de tortures au cours de son transfert en Allemagne. Il est inhumé au Panthéon en 1964.


Sylvia Monfort (Paris, 1923 - 1991)

Après les combats de la Résistance en Eure-et-Loir, on la voit apparaître pendant les heures exaltantes de la Libération de Chartres, aux côtés de son compagnon d'armes et de cœur, le commandant Sinclair, chef de la Résistance unifiée dans le département qui allait ensuite se faire connaître sous son vrai nom (Maurice Clavel), comme un des maîtres à penser de l'après-guerre. Par la suite, elle entreprend une carrière d'actrice et devient la grande dame du TNP. (Théâtre National Populaire) de Jean Vilar, avant d'animer le célèbre « Nouveau Carré » en 1974. 


Franz Stock, prêtre (Neheim, 1904 - Paris, 1948)

Quand la guerre contraint Franz Stock, prêtre allemand de la paroisse allemande de Paris à choisir son camp, il ne fait pas le seul choix de sa nationalité. En octobre 1940, aumônier des prisons du Cherche-Midi, de Fresnes et de la Santé, il apporte son soutien spirituel et moral aux prisonniers et condamnés à mort. A la Libération, il fait à nouveau le choix des prisonniers mais des prisonniers allemands, ses compatriotes, à Cherbourg, à Orléans, puis à Morancez (près de Chartres) en août 1945. Il y organise le « séminaire des barbelés » dont les autorités françaises lui ont confié la responsabilité, et qui fonctionne jusqu'en 1947. Il repose depuis 1961 dans l'église Saint-Jean-Baptiste de Rechèvres à Chartres.


Guy Nicot, architecte (Pirey, 1933 – Chartres, 2002)

Architecte en chef des monuments historiques des bâtiments civils et des palais nationaux, il œuvre à la sauvegarde de nombreux édifices aussi prestigieux que la cathédrale de Chartres dont il est chargé en 1980, le Palais de l'Elysée... Il réalise des restaurations exemplaires au musée d'Evreux ou encore au musée-promenade de Marly-le-Roi-Louveciennes. Correspondant de l'Académie des Beaux-Arts, on lui doit le récent réaménagement du Parvis de l'Institut de France dont la qualité est indéniable. Il est également l'architecte des secteurs sauvegardés de Chartres et de Dijon, ainsi que le conservateur du domaine national du Louvre et des Tuileries.

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