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Jean-Pierre Gorges : « Mieux vaut prévenir… »

Jean-Pierre Gorges : « Mieux vaut prévenir… » – Ville de ChartresSanté

29 décembre 2020

À l’aube de la nouvelle année, et devant la persistance de la crise sanitaire, le maire de Chartres a souhaité partager avec les Chartrains ses interrogations. Mais aussi remettre en lumière une priorité de santé publique trop souvent oubliée : la prévention.

Votre Ville : Quelle appréciation portez-vous sur cette crise sanitaire et sa gestion ?

Jean-Pierre Gorges : J’ai déjà dit à plusieurs reprises que cette gestion était à mes yeux largement incompréhensible. D’autant que cela dure et que la situation ne s’améliore pas vraiment. Les vaccins ne régleront pas tout. Je ne reviendrai pas sur l’affaire des masques. Je ne commenterai pas ce mélange entre les demi-vérités et les vrais mensonges. J’en suis réduit à observer comme d’autres les contradictions entre les déclarations du corps médical. Je comprends celles qui sont dues à la méconnaissance de ce virus nouveau, j’admets moins celles qui semblent relever de rivalités déplacées.

Et surtout la crise sanitaire aggrave encore la crise de confiance de la population dans la parole de nos gouvernants. Car aujourd’hui que savons-nous vraiment ? Même les causes de la propagation du virus ne font pas l’unanimité. Se transmet-il davantage par voie aéroportée ou manuportée ?

Il semble qu’une personne contaminée soit elle-même contaminante pendant une semaine. C’est pourquoi j’ai déjà dit que j’aurais préféré un confinement plus strict et plus court : strict, cela veut dire que personne ne bouge plus pendant une semaine. Ce serait en outre moins coûteux pour les Français, car le « quoiqu’il en coûte » n’a pas de sens s’il se prolonge indéfiniment.

Et surtout ce système de dérogations à têtes multiples est difficilement compréhensible, de moins en moins accepté, car d’autant moins justifiable qu’il se prolonge et que certaines professions voient leur existence même menacée : elles refusent tout simplement de mourir guéries. Dans la durée, la frontière entre l’essentiel et le non-essentiel devient de plus en plus discutable.

La crise sanitaire de 2020 causera-t-elle au total moins de morts que la crise économique et sociale qui vient ?

Votre Ville : Vous reprochez en somme à nos gouvernants de gérer au jour le jour, sans perspectives claires ?

Jean-Pierre Gorges : Je me suis gardé des critiques faciles. J’ai respecté scrupuleusement les deux confinements successifs, les gestes barrières.

Maire de Chartres, j’ai fait appliquer la Loi et les décisions de l’État, en essayant de les rendre supportables au maximum. J’ai gardé pour moi le contenu de mes discussions avec l’État. Malgré certaines critiques, qu’à vrai dire je n’entends plus, j’ai pérennisé les marchés, aidé les commerçants autant que permis et parfois au-delà, mis en place une politique de tests la plus accessible possible, etc. Je fais ce que je peux dans la limite de mes pouvoirs.

Votre Ville : Au-delà des interrogations, on sent chez vous une colère rentrée. Où est l’espoir ?

Jean-Pierre Gorges : Cette crise révèle que notre politique de Santé publique marche à l’envers. On « découvre » que des « co-morbidités » aggravent la situation des malades de la Covid.

Or, si je ne suis pas médecin, je préside depuis des années le conseil de surveillance des hôpitaux de Chartres. Et je sais que 230 000 personnes décèdent chaque année en France des conséquences de la consommation d’alcool, de tabac, de sucre et de drogue, précisément les racines de ces « co-morbidités ». C’est en permanence que nos hôpitaux « gèrent » ces morts lentes. Cette activité est même comptabilisée dans le calcul de notre Produit intérieur brut national. Quelle valeur ajoutée !

C’est tellement vrai que ces consommations – la drogue exceptée mais pour combien de temps ? – font partie des produits dits « essentiels » pendant la crise actuelle. Ou, pour poser la question autrement, les gouvernants et bon nombre de citoyens de ce pays sont prêts à adopter des mesures radicales pour sauver les animaux, les arbres, le climat, la planète. Et donc prêts à modifier la Constitution, à nous obliger à révolutionner nos comportements. Prêts à arrêter l’économie d’un pays tout entier quand survient une crise sanitaire. Prêts à dépenser des milliards que nous n’avons pas. Mais qui s’occupe des humains, de leur santé au quotidien ? Qui propose de lutter contre les 4 fléaux dont j’ai parlé, qui tuent bien davantage que la Covid et ne feront jamais l’objet d’un quelconque vaccin ? Il serait peut-être temps de donner enfin la priorité à la prévention.

Alors qu’est-ce qu’un maire ou un président d’agglomération pourrait bien faire en la matière, et d’abord en direction des plus jeunes ? Dans notre pays on interdit de plus en plus facilement, mais l’interdiction ne règle rien et elle vient souvent trop tard. Mieux vaut investir massivement dans la prévention. Un exemple : celui qui pratique trois séances de sauna par semaine limite massivement ses risques d’accident cardio-vasculaire. Les politiques du logement ne devraient-elles pas inciter les gens à consacrer chez eux une pièce à leur bien-être avec les équipements nécessaires ?

En confinant, nos gouvernants prétendent « faire le choix de la vie » avant tout. Mais le vrai choix de la vie porte un nom : la prévention. Alors j’aimerai que la prévention et la politique de Santé publique soient l’une des vraies priorités du prochain débat présidentiel.

 


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