Aménagement du cloître Notre-Dame : vue depuis la place Jean-Moulin – Ville de Chartres

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Aménagements du cloître Notre-Dame : perspectives pour une cathédrale millénaire

Avec sa charge patrimoniale si particulière, et qui plus est la présence de vestiges gallo-romains dans son sous-sol, le devenir du cloître de la cathédrale valait qu’on lui accorde réflexion.

Après plusieurs années d’études, et une validation en Commission nationale, le projet de son réaménagement a fait l’objet d’une présentation devant le Conseil municipal de novembre.



Carte d'identité

Grand équipement : musée et valorisation patrimoniale.

Site : cœur ville.

Bâti : approximativement 5500 m²

Architecte, urbaniste, paysagiste mandataire : Forma6.

Architecte expert : Atelier Cantal Dupart

Début des premiers aménagements : 2020.

Montant global du projet : NC.

Coordonnées GPS : 48°26'49.2"N 1°29'12.3"E.


L'historique du projet

À la fin des années 1990, les équipes de la Direction de l'archéologie de la Ville de Chartres mettent au jour des vestiges gallo-romains et médiévaux lors de fouilles effectuées sous le parvis de la cathédrale. Pour les préserver, le site est recouvert d'une dalle de protection, le temps de développer un projet solide de valorisation.

L'idée d'un centre d'interprétation de la cathédrale est d'abord abordée. Avant de décider de l'élargir à un pôle muséal qui embrasserait les thématique de l'architecture sacrée médiévale : techniques de construction, arts, organisation sociale, etc.

L'époque médiévale et son urbanisme servent alors d'inspiration et de fil conducteur à ce projet d'aménagement.

Le Moyen Âge avait en effet inscrit la cathédrale au cœur d’un cloître, ville dans la Ville, protégée d’une enceinte. Celui de Chartres comptait neuf portes, autant que la mythique Jérusalem. Une valeur symbolique forte, que la Ville s’était attaché à valoriser en 2013 en les « restituant », subsistantes ou disparues, par des dalles de seuil gravées visibles de jour, et des arches lumineuses bleutées la nuit.

Un premier pas vers un programme global d’aménagement de ce cloître.


Le projet en quelques mots

Créer un écrin

L’aménagement des abords de la cathédrale se conçoit dans l’esprit de celui du cœur de ville : la disparition du bitume au profit d’un pavage de grès adapté au patrimoine chartrain. Mais plus qu’ailleurs, régnait l’intention toute particulière de créer un écrin. Les circulations automobiles s’effaceront, au profit d’une vie piétonne. Le périmètre considéré intègre les trois parvis de la cathédrale, et s’étire de la place Jean-Moulin jusqu’aux jardins de l’Évêché. Un travail d’aménagement simple et classique est réservé aux parvis nord et sud, tandis que les jardins seront l’objet d’une mise en valeur paysagère, jusqu’à leur balcon sur la basse ville.

Valoriser les vestiges gallo-romains

Les vestiges témoignant de l’importance de l’antique Autrica, qui s’étendait de l’actuel quartier gare jusqu’au sanctuaire de Saint-Martin-au-Val, doivent être révélés au public. C’est l’enjeu d’un futur équipement qui sera aménagé sous le parvis.

2 250 m² d’espaces d’exposition feront la lumière sur ce passé vivant, aménagés sur des planchers mobiles qui évolueront au fur et à mesure de l’ouverture des périmètres de fouilles. Le toit-terrasse de cet équipement constituera un nouveau parvis pour la façade occidentale de la cathédrale, de même niveau et s’élevant en pente douce (2 %, guère plus que celui de la cathédrale Notre-Dame de Paris), tandis qu’il rejoint la rue Percheronne.

Sur son côté nord, là où s’élèvent actuellement les bâtiments années 1950 de la Cosmetic Valley, un ouvrage « mezzanine » constituera le passage de la place Jean-Moulin vers le parvis et l’accès aux niveaux inférieurs.

Évoquer la ville médiévale

Les parvis dégagés de nos cathédrales résultent des travaux d’urbanisme du XIXe siècle. Au Moyen Âge, pas de mise en scène de ces façades vertigineuses. Cachées par les toits des immeubles voisins, elles ne se découvraient dans leur intégralité qu’au dernier moment, après une progression labyrinthique jusqu’à un parvis cerné par les habitations. Si le futur parvis conservera les dimensions de l’actuel, cette mise en situation demeurera.

L’entrée de l’équipement adoptera un profil de toiture accidenté, à l’image de la ligne faîtière des bâtiments de la rue de l’Étroit-Degré. À l’image de strates archéologiques, les murs de l’équipement seront composés de stries de verre et de béton de terre.


Le projet en images

L'accès au nouveau parvis de la cathédrale

L’entrée de l’équipement constitue l’accès au nouveau parvis de la cathédrale. Dans l’esprit médiéval, il faut passer le bâti pour que la cathédrale se révèle dans son intégralité. Les volumes bas du centre en laisseront malgré tout apparaître plus que les bâtiments actuels de la Cosmetic Valley.

Cette entrée vers le parvis n’est pas sans évoquer une porte médiévale du cloître.


Le futur parvis

Le futur parvis et sa douce inclinaison. Conforme à la tradition, un banc attend les visiteurs pour une pause contemplative.


La mise en valeur des vestiges

Par sa conception, l’édifice, qui permet l’accès direct au parvis depuis la place Jean-Moulin, rappelle que les vestiges gallo-romains et la cathédrale gothique ne constituent qu’un seul et même référentiel. Une faille vitrée dans la toiture-parvis matérialise cette idée, en ouvrant le sol antique sur les flèches.


Le lien intérieur-extérieur

L’édifice exploite deux propriétés du verre : la transparence de grandes baies qui révèlent la cathédrale, et la couleur de stries épaisses prises dans les murs.