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Sur les traces d'un amphithéâtre antique dans le quartier Saint-André

Vue aérienne de la collégiale Saint-AndréArchéologie

01 janvier 2026

Quel passé dissimule la collégiale et le quartier Saint-André ? Depuis début 2025, C'Chartres Archéologie conduit des prospections et des études documentaires, avec l'appui du service d'archéologie préventive du Conseil départemental pour relever les vestiges d'un édifice de spectacle antique, dont certains murs sont encore visibles dans la crypte du monument.


Le travail de recherche vise à identifier la nature de l'édifice, à établir sa chronologie et à préciser son architecture selon plusieurs méthodes :

  • relever l'ensemble des vestiges encore présents dans le quartier ;
  • réaliser des prospections géophysiques pour cartographier les vestiges conservés sous les niveaux de sol actuel ;
  • reprendre les données des fouilles anciennes.

Travail de terrain

Au préalable, les archéologues ont réalisé une synthèse des découvertes anciennes au travers d'une étude documentaire. Dès 1870, des observations archéologiques indiquent la présence d'un édifice de spectacle dans le quartier Saint-André. En 1965, les travaux de la résidence de la Brèche permettent d'observer deux murs courbes aux dimensions importantes sous la conduite de Marcel Couturier, alors président de la société archéologique d'Eure-et-Loir (SAEL). Deux ans plus tard, l'École pratique des hautes études (EPHE) entreprend des fouilles au nord de la collégiale afin de retrouver ces murs. Un troisième mur est ainsi mis au jour plus à l'ouest.

Pour vérifier les observations antérieures, l'équipe d'archéologues a réalisé une collecte et un enregistrement complet des données.

Un travail a été engagé dans la salle nord de la crypte de la collégiale. La maçonnerie encore présente appartiendrait à la fondation du mur de façade de l'édifice de spectacle antique, construite avec des blocs de silex d'assise noyés dans le mortier.

« Point névralgique de l'histoire chartraine, la collégiale Saint-André pourrait reposer sur un amphithéâtre antique dont l'ampleur reste à découvrir… »

Un second mur est visible de part et d'autre de l'escalier sud d'accès à la crypte. Probablement en partie détruit lors de la construction de l'escalier, cette seconde maçonnerie pourrait être le prolongement du mur de la salle nord. Le report sur un plan général pourra peutêtre confirmer cette hypothèse et proposer la restitution d'un mur continu entre la salle nord et l'escalier sud.

Analyse technique

Le travail de terrain mené en avril dernier a donc consisté à dégager une partie des déblais qui encombraient une partie des zones d'étude, en mettant en évidence les maçonneries. Celles-ci ont fait l'objet de relevés photographique, photogrammétrique et lasergrammétrique.

En octobre, une nouvelle phase du projet a vu la réalisation de prospections par géoradar (GPR), dont les résultats sont en cours de consolidation. Cette technique non invasive émet des impulsions électromagnétiques dans le sol. Le temps de « retour » des impulsions diffère selon la profondeur de vestiges formant ces échos. Ainsi, le géoradar fournit une cartographie des murs, des sols construits, des fosses, des tranchées et autres puits. Il convient ensuite d'analyser et d'interpréter ces données qui montrent, finalement, un enchevêtrement de structures correspondant parfois à de longues périodes d'occupation.

Quelles hypothèses ?

La synthèse des découvertes, réalisée en amont des prospections, a permis d'écarter l'hypothèse d'un théâtre.

Par comparaison avec d'autres théâtres connus en Gaule (Lyon, Vienne, Orange), la cavea (les gradins) est adossée à la pente (ici la rue du cloître Saint-André) et le mur de scène est positionné à l'opposé de la cavea, soit vers la vallée du côté de l'Eure. Les murs courbes observés en 1965 et 1967 ne plaident pas en la faveur de la présence d'un mur de scène vers la vallée.

Ils invitent plutôt à reconnaître un amphithéâtre, c'est-à-dire un « théâtre des deux côtés », selon l'étymologie du terme : un édifice à la cavea fermée, sans mur de scène, selon un plan elliptique.

Depuis longtemps, les amphithéâtres romains sont rentrés dans l'imaginaire, le Colisée de Rome en tête. Ces édifices, souvent construits dans les provinces romaines au Haut-Empire, étaient le siège privilégié des combats de gladiateurs, des chasses aux animaux sauvages, mais aussi des mises à mort.

Pour autant, l'hypothèse d'un amphithéâtre à fonction mixte, permettant également d'abriter des spectacles de théâtre ou de musique, comme à Lutèce (Paris), n'est pas exclue.

Les recherches menées aujourd'hui permettront non seulement d'éclairer cette question et de mieux comprendre cet édifice antique, mais aussi d'offrir aux habitants de tout le quartier et aux Chartrains plus largement l'occasion de se réapproprier leur histoire.

Conférence des Jeudis de l'archéologie : Recherches sur l’amphithéâtre d’Autricum
Le jeudi 29 janvier 2026 de 18h30 à 20h à la méd'IAthèque l'Apostrophe, 1, boulevard Maurice Viollette. Gratuit dans la limite des places disponibles. 

En savoir plus

 

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