Du solfège nouvelle génération mâtiné de comédie, de mime, de marionnettes et d'improvisation : telle est la mélodieuse empreinte des classes de formation musicale. Au pupitre ? la professeure et pianiste Pascale Mayali-Bouche dont les élèves s'apprêtent à revisiter, le samedi 14 mars à la salle Doussineau, l'univers haut en couleurs du compositeur Erik Satie.
Aux yeux de Pascale Mayali-Bouche, enseigner les bases de la musique équivaut à puiser au cœur de mille et une inspirations.
Le cheminement personnel de cette rayonnante maman de quatre enfants en constitue même l'illustration rêvée : Versaillaise d'origine, elle y poursuit des études de piano au conservatoire, suivies d'un cursus d'enseignement à l'École Normale de Musique de Paris – Alfred Cortot. Tout en se consacrant parallèlement aux arts du spectacle, du théâtre et du cinéma à la faculté de Nanterre, avant de poser sa partition à Chartres il y a cinq ans.
Siffler en travaillant
Diversité, plaisir, originalité, expérimentation et créativité, voici donc les maîtres mots d'une ligne pédagogique qui l'a toujours définie.
« Selon moi, un musicien qui ne pratique pas la scène dans sa globalité n'est pas complet. Il lui faut tout s'approprier pour trouver la note juste. Quant au mot solfège, il a longtemps donné des boutons aux enfants et à leurs parents (rires). Grâce aux cours de formation musicale, nous faisons peau neuve de ce cérémonial. Il s'agit en réalité d'une discipline très ludique, dense, active et couvrant une vaste gamme de nuances. On lit des notes, on chante, on bouge au rythme d'exercices auditifs ou de mélodies chorégraphiées », souligne la professeure qui supervise aujourd'hui, au sein du Conservatoire à Rayonnement Départemental de Chartres, sept classes allant du parcours découverte aux cours adultes.
« Il existe mille façons d'apprendre le rythme, la mélodie et l'histoire de la musique. Moi, Erik Satie est né de cette idée. »
Satie, paroles et musique
C'est d'ailleurs dans l'une de ses classes, composée d'élèves de deuxième cycle âgés de 10 à 14 ans, que Pascale Mayali-Bouche s'adonne joyeusement aux préparatifs d'un spectacle pas comme les autres. Baptisé Moi, Erik Satie, il nous sera proposé le samedi 14 mars depuis la salle Doussineau. Le pitch de cette détonante aventure collective dont elle est l'initiatrice ?
« Pensée comme une divertissante mise en abyme, l'histoire traitera d'une classe d'élèves d'école de musique qui a un projet commun autour d'Erik Satie. Ils se rendent ainsi les uns chez les autres pour œuvrer main dans la main. Et l'un des parents fournit de son côté quelques manuscrits de ce compositeur, atypique et attachant, qui écrivait aussi bien le français qu'il écrivait la musique. Avec beaucoup d'humour, de vivacité et de poésie. »
Bas les masques
Afin d'en sublimer le répertoire et la portée, nos apprentis comédiens mêleront sur scène musique, théâtre, masques et marionnettes. Avec, cerise sur le gâteau, le précieux soutien d'une invitée de marque : Karina Cheres, marionnettiste de renommée internationale, qui n'est autre que l'ancienne professeure de Pascale Mayali- Bouche.
« Sa participation s'inscrit dans la continuité de ma formation scénique. Elle-même longtemps en relation avec Ornella Volta, musicologue, essayiste et grande spécialiste d'Erik Satie, Karina nous a aidés à mener à bien le spectacle en apprenant notamment aux élèves les fondamentaux de la comédie, les jeux de regard, les postures et les joies de l'improvisation. Chacun a pu laisser libre cours à ses talents. Certains costumes et accessoires sont conçus par nos soins, tandis que d'autres sont ses propres créations, parmi lesquelles la figurine d'Erik Satie que Karina Cheres animera en temps réel et qui prendra littéralement vie sous nos yeux ébahis. »
Au son du piano, de la trompette, de la clarinette ou du chant. Et à destination des petits comme des grands.
Consultez le programme complet de la saison








