Dix ans après la fermeture du Muséum de sciences naturelles et de préhistoire de Chartres, ses collections paléontologiques sortent progressivement de l'ombre grâce à un vaste travail d'inventaire et l'implication des équipes de C'Chartres Archéologie et du musée des Beaux-Arts.
Depuis plusieurs mois, l'inventaire de ces collections est mené par Hélène Bourget, de l'association ReMuCe (Réseau des Muséums de la région Centre-Val de Loire) dans le cadre d'un projet porté et financé par la Région avec le soutien de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles). Cette opération associe également les agents du musée des Beaux-Arts ainsi que des archéologues et des spécialistes de C'Chartres Archéologie.
Ce chantier scientifique poursuit trois objectifs : retracer l'histoire des collectes, parfois anciennes ; mieux localiser les gisements d'origine et rendre ces collections à nouveau accessibles à la communauté des chercheurs. À plus long terme, il constitue également une étape indispensable à la conception de futurs projets de valorisation auprès du grand public.
Envergure mondiale
L'ampleur des collections est remarquable, avec près de 170 caisses concernées. Les spécimens proviennent majoritairement du Centre-Val de Loire et du nord de la France (Île-de-France, Normandie), mais aussi du sud (Dordogne, Lot-et-Garonne), ainsi que de nombreux pays étrangers : Italie, Angleterre, Allemagne, Espagne, Maroc et même États-Unis. Parmi les ensembles les plus remarquables figurent la collection constituée par M. Leprout, ainsi que celle issue du célèbre gisement de Saint-Prest, incluant des vestiges d'un mammouth méridional. Une partie de ces pièces a été présentée au public lors de l'exposition « Mammouths ! des géants de la vallée de l'Eure », au musée des Beaux-Arts en 2022.
400 ans d'histoire
Bien que les datations ne soient pas toujours précisées sur les étiquettes, les collections reflètent largement la géologie locale. Les mollusques dominent, avec environ 600 bivalves et 400 gastéropodes. Certains spécimens témoignent de collectes très anciennes et donc de l'intérêt de longue date pour ces vestiges des temps immémoriaux, comme un gastéropode provenant d'Alsace récolté en… 1639.
À travers cet inventaire, c'est tout un patrimoine scientifique, discret mais précieux, qui retrouve aujourd'hui sens, cohérence et visibilité.








