Le jeudi 11 décembre 2025, le Conseil municipal a tenu son débat d'orientations budgétaires pour l'année 2026 qui commence. Le signe d'une volonté d'avancer malgré un contexte national incertain tant politique que financier. Le projet de budget 2026 sera soumis au vote du Conseil dans le courant du 29 janvier 2026.
Contexte national
D'entrée, Franck Masselus, adjoint au maire en charge des Finances, a rapidement présenté le contexte national qui prévalait en ce 11 décembre 2025, le qualifiant d'incertain. À cette date, nul ne pouvait certifier que le budget de l'État serait adopté avant le 31 décembre et dans quelles conditions. Le projet initialement débattu affirmait clairement que les collectivités locales et territoriales seraient amenées à supporter une partie de l'effort financier demandé au pays.
Ainsi, il paraissait évident que la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) versée par l'État aux communes serait probablement à la baisse et au minimum gelée au niveau 2025. Cet effort demandé aux collectivités était initialement annoncé à hauteur de 7 à 8 milliards d'euros. De plus, la pression sur les dépenses de fonctionnement des collectivités devait s'accentuer : plus question de geler la valeur du point d'indice du traitement des fonctionnaires et agents publics.
En revanche, obligation d'augmenter les cotisations des collectivités destinées à financer les retraites de leurs agents : leur taux passera de 34,6 % en 2026 à 43,65 % en 2028. Par comparaison, la DGF attribuée à Chartres dépassait les 10 millions d'euros en 2013, elle était de 5,9 millions d'euros seulement en 2025. Toujours par comparaison, on sait que Chartres métropole reverse, sans y être obligée par la loi, une Dotation de Solidarité Communautaire (DSC) à chaque commune de l'Agglo. Elle s'élevait pour Chartres à 5,8 millions d'euros, soit quasiment le même montant que celui reçu de l'État.
Pour autant, comme le maire Jean- Pierre Gorges devait le souligner, « Chartres a décidé d'avancer et donc de se doter d'un budget » en reprenant les chiffres de 2025, quitte à les modifier en adoptant un budget supplémentaire. Celui-ci tiendrait compte des données du budget de l'État qui sera adopté pour réaliser ici les adaptations nécessaires. Quels seront donc les objectifs et les priorités du budget 2026 sachant que la loi oblige désormais les collectivités à présenter des comptes en équilibre mais aussi leurs objectifs financés pour les trois prochaines années 2026-2028 ?
Cohérence et stabilité
La fiscalité restera stable. Il s'agit essentiellement du taux de la taxe foncière versée par les propriétaires, particuliers et entreprises. Ces taux n'ont pas varié depuis 2020. Ils sont en revanche appliqués à des bases votées par l'Assemblée nationale, pour tenir compte notamment de l'inflation. Ces bases, dans le projet initial de budget de l'État, devaient être réévaluées de 1 % seulement.
Deuxième point fort, le maintien d'investissements élevés, même si, comme le maire devait le préciser, il n'est plus prévu de grandes réalisations à plusieurs dizaines de millions d'euros chacune, comme l'Odyssée, le Pôle administratif, le Colisée ou le Pôle gare, financées par la Ville/ou l'Agglo. Ainsi, le projet le plus important inscrit au budget 2026 sera l'équipement sportif d'excellence qui verra le jour au quartier des Clos. Coût estimé : 15,8 millions d'euros, à comparer aux 55 millions d'euros du Colisée par exemple…
111 millions d'euros d'investissements jusqu'en 2028
Au total, la municipalité prévoit d'investir 111 millions d'euros sur la période 2026-2028, dont 38 en 2026. Des sommes importantes (plusieurs millions d'euros chacune) sont ainsi fléchées vers la voirie, les écoles, le patrimoine (Théâtre, Méd'IAthèque, ateliers Lorin, etc.).
Enfin, toutes ces dépenses d'investissement et de fonctionnement seront encadrées par le nécessaire respect de la maîtrise de la dette. Aujourd'hui, la dette chartraine est entièrement sécurisée et remboursable. Cette solvabilité se mesure par des ratios dits de désendettement. Si la Ville cessait d'investir, il lui faudrait une dizaine d'années pour rembourser totalement sa dette. Le respect de ces ratios exige évidemment de strictement contrôler les dépenses de fonctionnement, et particulièrement de personnel pour réserver l'emprunt aux seules dépenses d'investissement. Tout en continuant de maintenir les subventions aux associations chartraines pour 4,5 millions d'euros en 2026.








