Au fil de ses huit siècles d'histoire, la collégiale Saint-André a traversé des périodes de gloires et de bouleversements. Dans ce numéro, focus sur la première partie du XIXe siècle, synonyme d'une époque pleine de tourments durant laquelle le monument est abandonné à son sort.
Au lendemain de la Révolution française, la collégiale Saint-André, déjà fragilisée, entre dans un siècle d'épreuves. Dans un premier temps réaffectée en magasin à fourrage pour l'armée, elle voit son bras sud être divisé en étages afin de stocker l'avoine. Sa dégradation est ensuite accentuée par l'usage de son plomb au profit de la réparation de la cathédrale.
Le monument tombe en désuétude
Désaffectée au culte, privée d'entretien, elle subit également les effets du temps.
Les désordres structurels s'aggravent et, en 1802 puis en 1805, une partie essentielle de l'édifice s'effondre : le rond-point du choeur, la chapelle absidiale et l'arche dite « aux harnois » (nom du chemin qui passait sous l'arche) disparaissent. Ces écroulements marquent un tournant.
L'édifice perd sa silhouette originelle et voit son équilibre architectural profondément altéré.
La décennie suivante confirme ce lent démantèlement. En 1810, la flèche en bois qui surmontait le clocher est déposée, réduisant encore l'élancement du monument dans le paysage de la basse ville.
Puis, en 1827, de nouvelles démolitions interviennent : les parties droites du choeur sont abattues, tout comme l'arche qui enjambait la rivière.
Ces interventions, dictées par des considérations de sécurité et de stabilité, traduisent aussi une époque où la sauvegarde du patrimoine médiéval n'est pas encore une priorité.
Au rang des Monuments historiques
Pourtant, les mentalités évoluent. Sous l'impulsion des défenseurs des monuments anciens, un regard nouveau se pose sur ces édifices hérités du passé. En 1840, la collégiale Saint-André figure dans la toute première liste des Monuments historiques établie en France, qui distingue les sites patrimoniaux dont la restauration est prioritaire. Ce classement marque la reconnaissance officielle de sa valeur patrimoniale.
S'il n'efface pas les pertes subies, il protège désormais le monument et ouvre la voie à sa préservation. Le XIXe siècle apparaît comme une période paradoxale : celle d'une ruine progressive, mais aussi d'une prise de conscience ouvrant la voie à un nouvel avenir pour ce joyau du patrimoine chartrain.
Bâtir la lumière
Contribuez à la mise en lumière de la collégiale en participant au financement de la création des 47 vitraux ! En devenant mécène, vous faites un geste fort en faveur de l'art, du patrimoine et du rayonnement local.
Vous pouvez parrainer une baie ou une phase du chantier, associer votre nom ou celui d'un proche à une oeuvre durable et participer à la renaissance de l'édifice. Aucun montant minimum n'est requis : chaque geste compte ! Des attestations de don peuvent être délivrées par la Ville, permettant une déduction fiscale selon la réglementation en vigueur.
En savoir plus








