Redécouvert par hasard dans le grenier des ateliers Lorin, un surprenant mannequin du XIXe siècle devient aujourd’hui le support d’un projet pédagogique inédit. Dans le cadre du programme « Les lycéens à la découverte du plus grand musée de France », mis en place par la fondation La Sauvegarde de l’Art français, et soutenu par la fondation TotalEnergies, trente élèves du lycée Elsa-Triolet à Lucé se lancent dans une enquête historique et artistique pour défendre sa restauration.
Faire connaître et aimer aux jeunes le patrimoine qui les entoure. Tel est l’objectif de la fondation La Sauvegarde de l’Art français, à travers un concours d’éloquence visant l’obtention d’un financement de 10 000 € de la fondation TotalEnergies, afin de restaurer une œuvre patrimoniale locale.
« Nous avons à cœur d’aller à la rencontre de lycéens un peu éloignées de la culture, explique Charlotte Tessier, cheffe de projet du programme à la fondation La sauvegarde de l’Art français. Nous faisons donc un appel à candidature parmi ces lycées, puis choisissons les plus motivés. Nous proposons ensuite aux élèves des œuvres choisies selon certains critères, leur permettant de découvrir l’histoire artistique et patrimoniale de leur territoire. »
Le 12 décembre dernier, trente élèves de 1re du lycée Elsa-Triolet à Lucé étaient réunis dans l’hémicycle d’Autricum – Hôtel de Ville, autour de Geneviève Gascuel, chargée de valorisation du patrimoine à la Ville, qui leur a présenté l’histoire de ce mannequin d’exception.
Une découverte inattendue
« Sa découverte est digne d’un film d’épouvante », sourit Geneviève Gascuel. Un dimanche de 2019, Élodie Vally, la directrice de la Maison Lorin, arpente le grenier quand son regard est attiré par… un pied sous un tas d’objets épars ! Probablement acquis en 1875, ce mannequin d’atelier entièrement articulé est l’un des rares de cette époque encore existant. Les artistes les utilisaient comme modèle pour les poses et donner forme aux draperies et aux costumes. Celui-ci pouvait être placé en position assise ou debout grâce à un support fixé entre ses jambes.
Il mesure environ 1,50 m, et un système sophistiqué d'attaches (ficelles, rondelles, vis) entre les différents éléments (tête, torse, bras avant-bras, cuisses...) assure son articulation. « Aujourd’hui en piteux état, il n’en demeure pas moins un témoin des ateliers depuis leurs origines. Saremise en état serait comme un symbole de la renaissance des locaux, actuellement en rénovation. »

Une année artistique
Estimé à 16 000 €, sa remise en état ne pourra se faire sans le concours des élèves. En première année de bac professionnel des métiers de l’accueil, option label tourisme, leur mission a officiellement commencé. Cependant, ils vont devoir se répartir en groupes car trois autres œuvres euréliennes leur ont été présentées. À chacun de rejoindre le groupe correspondant à l’œuvre qui a sa préférence.
Jusqu’à la fin de l’année solaire, ils vont effectuer des recherches complémentaires sur les œuvres, fouiller les archives, etc. à l'aide de leurs professeurs et de façon personnelle. Ils vont aussi bénéficier de deux ateliers, l’un avec un restaurateur (en l’occurrence Agathe Houvet, restauratrice de sculptures ayant déjà travaillé pour le musée des Beaux-Arts, qui s’occupera, le cas échéant, du mannequin), et le second avec une comédienne qui les aidera à préparer la dernière étape : le concours d'éloquence, où chaque groupe défendra son œuvre.
Les élèves eux-mêmes voteront pour le groupe qui aura su les convaincre, et détermineront ainsi l’œuvre qui bénéficiera des 10 000 € de la fondation TotalEnergies. Jeunes gens, le patrimoine chartrain compte sur vous !
| Le 3 décembre dernier, une délégation de la fondation du Patrimoine de Paris accompagnée par l’ancienne directrice de la YMCA Paris (Young Men’s Christian Associations), dont les locaux parisiens renferment le plus ancien terrain de basket du monde, est venu suivre l’avancement de la restauration de leurs vitraux, confiée à la Maison Lorin. « Alors directrice des ateliers, Mireille Juteau a déposé les vitraux il y a une trentaine d’années. Pour diverses raisons, leur restauration n’a pu se faire avant ce jour, confie Élodie Vally. Ces vitraux d’exception nous apprennent beaucoup. Ils ont notamment été conçus pour être remarqués sous une luminosité nocturne. » |
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