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« Votre centre-ville, un grand centre commercial à ciel ouvert »

Jean-Pierre Gorges, maire de ChartresCadre de vie

02 avril 2024

Quelle est la situation du commerce chartrain ? Quelle est la stratégie de la Ville en la matière ? Comment les élus et les commerçants travaillent-ils ensemble ? Le maire Jean-Pierre Gorges dresse ses constats et apporte des réponses.


Votre Ville : Au moment où nombre de villes perdent des commerces, comment regardez-vous la situation à Chartres ?

Jean-Pierre Gorges : Le commerce à Chartres va plutôt bien, mais Chartres n'est pas une île en France et le commerce urbain est en évolution rapide. La crise sanitaire, comme toutes les crises, n'a fait que précipiter les choses.

Chartres compte 800 commerces dont 500 en centre-ville, soit 1 pour 49 habitants quand les villes moyennes en comptent seulement 1 pour 83 habitants. On voit donc que la densité des commerces chartrains est encore aujourd'hui très élevée, presque deux fois supérieure à la moyenne nationale des villes de même taille.

Alors les gens, et j'en fais partie, quand ils laissent tomber une biscotte beurrée, ne se disent pas qu'il y a une chance sur deux pour qu'elle tombe sur le côté non beurré. C'est seulement quand elle tombe côté beurré que cela les marque. Il en est de même pour les fermetures de commerce. Il nous suffit de voir deux ou trois vitrines closes pour que nous nous disions : « le commerce décline ici ! » Nous ne cherchons pas à savoir les causes de ces fermetures qui peuvent être diverses.

Mais, pour en revenir aux seuls chiffres de la vacance commerciale, comme on dit, il est de 7,1 % à Chartres, contre 10,6 % dans les villes moyennes en France. On en revient toujours à l'adage : quand je me regarde, je m'inquiète ; quand je me compare, je me rassure. D'autant que j'ai toujours appris qu'il est normal que 10 % des commerces changent de mains ou de raison sociale chaque année, quelles qu'en soient les raisons. Et ici comme ailleurs, elles sont variées.

VV : Quelles sont les causes propres à Chartres ?

JPG : J'en trouve deux particulièrement.

La première tient à l'état même des bâtiments. Quand les étages d'un immeuble ne sont pas occupés, celui-ci se dégrade avec le temps. Car le loyer payé par le commerce du rez-de-chaussée doit à lui seul assurer l'équilibre financier du bâtiment, sa rentabilité comme son entretien. La même situation génère une deuxième conséquence majeure : les loyers des fonds de commerce sont trop élevés.

Alors, quand la conjoncture économique va bien, la vie continue… Mais quand cela se resserre un peu, et c'est le cas quand l'inflation se remet en marche, que le prix de l'électricité double et qu'il faut rembourser les prêts contractés pendant la crise sanitaire, certains commerces de rez-de-chaussée redeviennent fragiles au moment même où l'e-commerce augmente. Et vous vous apercevez que sont touchés plus que d'autres certains types de commerces, aujourd'hui la chaussure et l'habillement. Des marques passent de mode, disparaissent, d'autres les remplacent…

VV : Comment la Ville peut-elle agir ?

JPG : Cela fait plusieurs années que nous encourageons et que nous aidons les propriétaires du centre-ville commerçant à restaurer leurs immeubles. Nous l'avons fait d'abord pour des raisons esthétiques et touristiques, pour préserver la qualité du cadre de vie chartrain. Mais, en nous attaquant aux extérieurs, à ce qui se voyait, nous avons découvert que c'était la structure même de certains bâtiments qui était atteinte. Au point qu'un commerce chartrain bien connu a vu un jour son plafond s'écrouler.

Que faire ? Prenez l'exemple, visible de tous, du bâtiment de la place Marceau qui a été restauré entièrement. Aujourd'hui vous y trouvez non seulement un commerce, d'ailleurs beaucoup plus grand, au rez-de-chaussée, comme c'était le cas auparavant, mais aussi six logements dans les étages entièrement refaits. Vous comprenez facilement que l'équilibre financier de gestion du bâtiment en est grandement facilité et que la part du loyer commercial dans cet équilibre en est d'autant moins décisive. Et des opérations du même type sont en cours dans de nombreux endroits du centre-ville historique.

Réinstaller des familles au centre-ville fait partie de nos priorités. Cela facilitera grandement l'existence et la vie des commerces de ce quartier. Cette action continue de réinstallation d'habitants au centre-ville facilite en outre, c'est évident, la vie des commerces de bouche qui vont plutôt bien, rue de la Pie notamment.

Voilà ce que nous pouvons faire de manière « structurelle ». S'y ajoutent évidemment l'élargissement des zones piétonnes, le repavage et la mise en valeur des rues et des places, les parkings neufs ou récents, sans oublier la sécurisation également nécessaire.

VV : Mais l'action de la municipalité en matière commerciale ne passe pas seulement par l'urbanisme et l'immobilier ?

JPG : Nous agissons également beaucoup sur l'environnement du cœur de ville et d'agglomération. En liaison étroite avec les Vitrines C'Chartres, dynamique association des commerçants, nous nous attachons à animer ce centre-ville en permanence. Ce n'est pas pour rien que nous l'appelons « notre plus grand centre commercial à ciel ouvert ».

À peine deux ou trois ans après le lancement de Chartres en lumières, un journal local constatait que toute l'hôtellerie chartraine se transformait et se modernisait. Autre preuve, il y a quelques années, nous avons voulu retarder de quelques semaines le démarrage de la saison de Chartres en lumières et tout le commerce chartrain s'en est ému.

Le même raisonnement vaut pour ChatrEstivales, cette réussite associative et populaire que la Ville soutient largement, techniquement et financièrement. Autre exemple, pendant la crise sanitaire, nous avons permis et même encouragé l'élargissement des terrasses des bars et restaurants, en anticipant bien que ce genre de commerce allait bénéficier du besoin de lien social, à la fois affecté et accentué par la pandémie.

Enfin, les élus en charge du commerce sont très présents au quotidien. Ils rencontrent les commerçants, échangent avec eux, tentent de répondre à leurs demandes et notamment les plus petites, parce que ce sont celles qui gênent l'activité au jour le jour.

Nous menons donc une action globale : en nous assurant que les zones commerciales périphériques ne soient pas concurrentes mais complémentaires de celles du centre-ville. Jusqu'à l'installation d'une prise de courant sur une terrasse de bar-restaurant : nous l'installons parce qu'elle est sur le domaine public, et le coût de l'électricité consommée se retrouve dans le montant du droit de terrasse.


Le commerce chartrain

Consulter notre dossier sur le commerce chartrain.

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