Musée des Beaux-Arts : les visites et ateliers – Ville de Chartres

Sortir à Chartres

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Salles « Art du XIXe siècle » – Réalisme et ruralité

Dans ces deux salles, découvrez le XIXe siècle au prisme du réalisme et du monde rural. Paysages peints sur le motif, scènes de labeur et figures paysannes – jusqu’aux animaux et aux sculptures – célèbrent une nature à la fois observée avec justesse et parfois idéalisée, reflet d’une société en pleine transformation.

Les sujets ruraux occupent une place majeure dans les arts dans la 2e moitié du XIXe siècle.

Quelques peintres aux styles variés sont réunis sous le nom d'École de Barbizon, du nom du village situé à l'orée de la forêt de Fontainebleau. Ces paysagistes se veulent réalistes : précurseurs des impressionnistes, ils travaillent leurs motifs en plein air qu'ils recomposent souvent en atelier, sans exclure une forme d'idéalisation. Le repos des chevaux est une toile du précurseur et grand maître de cette école, Jean-Baptiste Camille Corot. Dans un paysage aux tons froids encadré par la verticalité des arbres, homme et chevaux s'accordent une pause bien méritée au couchant suggéré par le ciel à peine éclairé de touches roses.

D'autres tableaux de cette salle présentent des paysages animés par des scènes de la vie paysanne : Le Printemps de Charles-François Daubigny, commandé en 1856 par l'État, est exposé au salon de 1857 et vaut à son auteur la reconnaissance. La diagonale formée par le chemin traversant la toile met en valeur le personnage central dont la coiffe rouge, coloris chaud dans cette gamme de tonalités froides, attire l'œil du spectateur.

Comme chez Corot, cette présence humaine est révélatrice de la réflexion de l'époque sur la place de l'homme dans la nature, ce que l'on peut également observer dans les Semailles d'Automne d'Emile Michel. Les sillons de terre fraîchement retournée et la présence humaine éclairée par une trouée lumineuse, interrogent cette fois davantage le rapport à la terre nourricière et ajoutent la notion de labeur.

Les artistes montrent souvent en effet des paysans engagés dans des travaux immuables, rythmés par les saisons. Le monde agricole demeure un pilier inébranlable de la société par ailleurs chamboulée par les révolutions industrielles. Cette représentation idéalisée est à l'œuvre à la fois dans Le Repas des moissonneurs de Jules Jacques Veyrassat et dans les sculptures réalisées par Paul Richer à la toute fin du siècle.

Autre peintre de l'École de Barbizon, Constant Troyon se tourne progressivement vers la peinture animalière, comme le montrent les deux tableaux exposés ici : Le Retour du marché et Moutons, un petit format exempt de toute présence humaine. Le genre de la peinture animalière vaut également un grand succès à Rosa Bonheur, femme artiste dont la redécouverte est assez récente, et qui livre ici un véritable portrait en pied d'un cheval immobile à l'attitude fière. Là encore, la présence humaine est annihilée et la domestication de l'animal seulement indiquée par son harnachement.

Face à ces tableaux se trouvent une ronde-bosse et deux reliefs signés de Paul Richer. À la fois médecin et artiste, dessinateur et illustrateur d'anatomies humaines, ce Chartrain à la brillante carrière parisienne pratique en outre la sculpture. La posture très classique en contrapposto du Faucheur (1889) et le modelé du torse dénudé élèvent le modèle, « un de ces robustes gars, comme on en trouve dans les pâturages normands », écrit Richer, au rang de nouveau héros.

Les deux reliefs présentés sont très différents l'un de l'autre dans leur composition : La Moisson (1893) est un haut-relief dont les plans sont très distincts les uns des autres. C'est une recomposition d'atelier à partir de figures créées précédemment. On y retrouve Le Faucheur, reconnaissable au geste de fatigue du bras essuyant le front, à l'arrière-plan à droite.

Départ pour les champs (1897) est un bas-relief également en plâtre dont la composition est plus linéaire. Le cadrage, qui coupe les personnages à mi-cuisses et accentue le réalisme de la scène, rappelle que Paul Richer pratique la photographie dans un cadre scientifique et artistique. Les outils sont reproduits avec précision et les détails de l'anatomie rendus avec brio. Ces paysans qui semblent avancer avec détermination sont l'incarnation d'une morale austère du travail.


Renseignements

Musée des Beaux-Arts
29, cloître Notre-Dame
28000 Chartres

Tél. 02 37 90 45 80

Adresse e-mail : musee.beaux-arts@remove-this.agglo-ville.chartres.fr

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Horaires

Ouvert :

  • Les mardis, mercredis, vendredis et samedis de 10h à 12h30 et de 14h à 18h.
  • Les jeudis de 10h à 12h30 et de 14h à 20h.
  • Les dimanches de 14h à 18h.

Fermé :

  • Les lundis.

Fermé exceptionnellement :

  • Le 1er janvier.
  • Les 1er mai et 8 mai.
  • Les 1er et 11 novembre.
  • À partir de 12h30 le 24 décembre.
  • Le 25 décembre.
  • À partir de 12h30 le 31 décembre.