Sortir à Chartres
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Rotonde des sculptures
Dans cette rotonde, la sculpture du XIXe siècle se dévoile entre héritage du modèle antique et élans romantiques. De l'idéal néo-classique aux formes tourmentées et expressives, les œuvres interrogent le corps, l'héroïsme et la sensibilité, révélant des voies artistiques parfois opposées mais complémentaires.
Au début du XIXe siècle, la sculpture perpétue la tradition du Beau idéal avec pour référence le modèle antique.
Comme le montre le relief en plâtre d’Honoré Jean Aristide Husson (1803-1864), Mucius Scaevola devant Porsenna (1827). Alors que le roi étrusque Porsenna assiège Rome, Mucius Scaevola, un jeune Romain, décide de s’introduire déguisé dans son campement afin de l’assassiner. Malheureusement, il se trompe et tue son secrétaire Arrêté par la garde de Porsenna, Mucius Scaevola est alors conduit aux pieds du souverain Il ne prend pas peur et met volontairement sa main droite dans le feu afin de prouver sa vaillance à Porsenna qui, touché par sa détermination, ordonne qu’on lui rende sa liberté. Le choix du sujet, la composition équilibrée et symétrique de la scène autour du brasier central et le traitement du nu académique sont autant de preuves de la persistance du courant néo classique.
L’œuvre en bronze d’Auguste Préault 1804-1879 est très différente. Intitulée Tuerie, fragment épisodique d’un grand bas-relief et présentée en plâtre au Salon de 1834, elle témoigne de la difficulté du Romantisme à s’imposer en sculpture. En effet, le jury du Salon n’accepte de présenter cette œuvre que pour illustrer ce que les jeunes artistes ne doivent pas faire. À la composition rigoureuse de Husson s’oppose le chaos, un enchevêtrement de figures non identifiables ce sont les victimes hurlantes et universelles de la guerre. L’expressivité dramatique des visages de Préault cherche à restituer la souffrance, là où Caius Mucius Scævola incarne, chez Husson, les vertus héroïques de la bravoure.
Les deux sculpteurs, tous deux formés chez Pierre-Jean David d’Angers (1788-1856) empruntent donc des voies diamétralement opposées.
Télécharger la présentation détaillée de Tuerie. (pdf - 682 Ki)
Le goût des collectionneurs pour le modèle antique se manifeste également dans la vogue des bronzes d’édition. Ces petites sculptures, exécutées d’après des œuvres célèbres et dont on voit trois modèles sur la cheminée, connaissent un grand succès dès les années 1830 1840 et ornent les intérieurs des amateurs d’art, comme Eugène Layé, qui en fait don au musée de Chartres en 1865. On reconnaît le groupe du Laocoon, conservé au musée du Vatican, la Venus pudique de la collection Médicis, exposée dans la Tribune des Offices à Florence, et enfin la Diane chasseresse du Louvre.
La grâce des attitudes qui cherche à charmer le public s’exprime à plein dans les deux rondes bosses en bronze du centre de la salle. Malgré le caractère tragique du sujet biblique choisi par Vincent Feugère des Forts (1825-1889), la sensualité évidente de la pose et du corps de son Abel mort évoque moins le premier meurtre de l’Humanité qu’un jeune éphèbe abandonné au sommeil. Enfin, bien que son Jeune berger pansant son chien blessé (1876) aborde un sujet en apparence plus anodin, Jean Louis Chenillion (1810-1875) soigne les courbes de son nu agenouillé. Le jeune homme dont on ne peut distinguer les traits accorde toute son attention à l’animal : la posture permet de mettre en valeur la fermeté et la souplesse de son corps juvénile.
Renseignements
Musée des Beaux-Arts
29, cloître Notre-Dame
28000 Chartres
Tél. 02 37 90 45 80
Adresse e-mail : musee.beaux-arts@agglo-ville.chartres.fr
Horaires
Ouvert :
- Les mardis, mercredis, vendredis et samedis de 10h à 12h30 et de 14h à 18h.
- Les jeudis de 10h à 12h30 et de 14h à 20h.
- Les dimanches de 14h à 18h.
Fermé :
- Les lundis.
Fermé exceptionnellement :
- Le 1er janvier.
- Les 1er mai et 8 mai.
- Les 1er et 11 novembre.
- À partir de 12h30 le 24 décembre.
- Le 25 décembre.
- À partir de 12h30 le 31 décembre.




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