Musée des Beaux-Arts : les visites et ateliers – Ville de Chartres

Sortir à Chartres

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Salle « Art du XVIIe siècle » – Baroque et Classicisme, deux esthétiques en tension

Dans cette salle, vous revivrez l'opposition entre le baroque et le classicisme ! Le clair-obscur dramatique et la ferveur de la Contre-Réforme côtoient une peinture plus mesurée, où l’équilibre, l’idéal et la nature grandiose invitent à la méditation.

Dans le cadre de la Contre-Réforme, et suite au Concile de Trente (1545-1563), l’Église catholique réaffirme la valeur pédagogique de l’image sacrée, ce qui a une influence colossale sur le développement de la peinture au début du XVIIe siècle.

Deux courants se détachent alors, qui s'influencent mutuellement, l'un porté par le Caravage, et l'autre par l'école bolonaise, animée par les frères Carracci. Ici, les toiles sont caractéristiques du courant baroque par leur utilisation du clair-obscur.

L'utilisation de la lumière dans le courant baroque dramatise la scène, notamment dans La Charité romaine d'Hendrick de Somer, élève de Ribera à Naples. La Charité romaine est un exemple de vertu : une jeune fille allaite secrètement son père emprisonné et condamné à mourir de faim. On trouve à Naples un sujet identique traité par le Caravage dans Les Sept Œuvres de Miséricorde (1607).

Les Carracci fondent l'Académie des Incamminati (« ceux qui sont sur la bonne voie ») contre les excès du maniérisme. Ils proposent un équilibre entre un retour au naturel et un idéalisme. Cela se note dans la Pietà, surtout dans le traitement du corps du Christ offert au regard de sa mère, dont la jeunesse apparente évoque la Pietà de Michel-Ange. Ici, Annibale Carracci montre qu'il est sensible à la lumière du Caravage.

Guido Reni, élève des Carracci, livre une Judith ayant triomphé du général Holopherne dont on devine la tête tranchée dans l'ombre. Ce sujet est très prisé par les artistes du XVIIᵉ siècle mais, plutôt que de montrer le meurtre commis par Judith, Reni choisit de faire le portrait d'une héroïne lumineuse dont le regard levé au ciel attire notre attention sur la présence et le secours divins.

Télécharger la présentation détaillée de Judith. (pdf - 424 Ki)

Deux artistes espagnols, José de Ribera – Saint François d'Assise en prière – et Francisco de Zurbarán (1598-1662) – Sainte Lucie – sont réputés pour leurs figures émergeant de l'ombre. Chez Ribera, la lumière révèle le visage incliné et les mains jointes. Sainte Lucie, représentée en pied, provient d'un couvent de Séville dans lequel Zurbarán travaille de 1635 à 1640. Élégamment vêtue, la palme des martyrs dans la main gauche, elle tient un plateau dans lequel ses yeux semblent nous regarder.

Certains artistes français font leur carrière à Rome. C'est le cas de Gaspard Dughet, dont le paysage tourmenté présenté ici n'est pas sans rappeler le Paysage orageux avec Pyrame et Thisbé de son illustre beau-frère, Nicolas Poussin, représentant d'une peinture plus mesurée, plus classique. Une nature grandiose impose sa loi à l'être humain et appelle à la méditation sur ses correspondances avec les passions humaines.

Plusieurs portraits sont présentés dans cette salle. Le jeune duc de Saint-Simon est revêtu d'une armure aristocratique rehaussée de rouge tout comme les lèvres et les joues de son visage juvénile au regard clair.

Enfin, le Nord de l'Europe est aussi en pleine effervescence artistique au XVIIᵉ siècle : dans ce petit tableau de l'entourage de Rembrandt van Rijn, le corps torturé, totalement isolé du Christ en croix semble ne faire qu'un avec le fond.

Dans un genre très différent, David Teniers, dit Le Jeune, peintre flamand né à Anvers, connaît le succès comme peintre de la vie bourgeoise et populaire mais aussi avec diverses compositions et variantes sur le thème de la tabagie de singes. Teniers est un des premiers grands peintres à avoir traité le thème des « singeries ».

Cette représentation met en scène la vanité des activités humaines avec une intention clairement caricaturale.

Très en vogue au XVIIIᵉ siècle, cette veine simiesque se poursuit sous le pinceau de Jean Siméon Chardin, comme en témoignent les œuvres exposées dans la salle suivante.


Renseignements

Musée des Beaux-Arts
29, cloître Notre-Dame
28000 Chartres

Tél. 02 37 90 45 80

Adresse e-mail : musee.beaux-arts@remove-this.agglo-ville.chartres.fr

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Horaires

Ouvert :

  • Les mardis, mercredis, vendredis et samedis de 10h à 12h30 et de 14h à 18h.
  • Les jeudis de 10h à 12h30 et de 14h à 20h.
  • Les dimanches de 14h à 18h.

Fermé :

  • Les lundis.

Fermé exceptionnellement :

  • Le 1er janvier.
  • Les 1er mai et 8 mai.
  • Les 1er et 11 novembre.
  • À partir de 12h30 le 24 décembre.
  • Le 25 décembre.
  • À partir de 12h30 le 31 décembre.