Sortir à Chartres

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Fidji 1838 – Face à face

Du 4 avril au 2 août 2026, le musée des Beaux-Arts propose une exposition exceptionnelle consacrée aux îles Fidji.

Reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture, cette exposition valorise le patrimoine culturel océanien, à travers notamment les dessins d'Ernest Goupil (1814-1840), artiste embarqué sur l'Astrolabe, dont ceux d’un fonds inédit conservé au musée des Beaux-Arts de Chartres.

Une exposition réalisée en collaboration avec le musée du Quai Branly – Jacques Chirac.

Dessin d’Ernest Goupil, portrait de Tanoa Visawaqa, chef de guerre de Bau dont l’influence lors du séjour de Dumont d’Urville marqua autant les actions et le récit de l’expédition que l’histoire de l’archipel. © Ville de Chartres – Musée des Beaux-Arts.

La genèse de l'exposition

Le musée des Beaux-Arts abrite un fonds important composé d’objets, d’ouvrages et de divers documents liés à la vie des populations en Océanie : le fonds Bouge.

Ce fonds a été constitué par Louis-Joseph Bouge tout au long de sa carrière. Gouverneur de la France d’outre-mer, il a exercé en Océanie au début du 20e siècle. L’ensemble de sa collection a été légué au musée des Beaux-Arts par sa veuve, Emma Quille en 1970.

Grâce à ce legs, le musée de Chartres possède aujourd'hui l’un des fonds documentaires parmi les plus importants de France sur le Pacifique.

En savoir plus sur le fonds Bouge 

Né de la volonté de mettre en avant la richesse de cette collection et face à l’ampleur du fonds Bouge et à la quantité d’objets répertoriés, un comité scientifique dédié a été créé pour étudier cet ensemble.

Il a permis de révéler des œuvres inédites, à l’image des dessins d’Ernest Goupil, dessinateur officiel de la deuxième expédition du navigateur français Jules S.C. Dumont d’Urville. Au cours du voyage, il a réalisé de nombreux croquis qui représentent la vie locale et les pratiques culturelles des Fidjiens de cette époque. Leur justesse contraste avec les gravures ultérieures, marquées par les stéréotypes de l’époque.

Des œuvres rares qui ont été restaurées et qui constituent le point de départ du projet d’exposition consacrée aux îles Fidji.

Temple miniature bure kalou © musée du quai Branly – Jacques Chirac, photo Patrick Gries, Bruno Descoings.

Le déroulé de l'exposition

L’exposition est construite autour d’un moment pivot de l’histoire de l’archipel, celui de la rencontre avec l’Occident. C’est un instantané des îles Fidji en 1838, vu par les navigateurs français de l’expédition de Dumont d’Urville. 

Dans un « face à face », cette exposition met en regard deux visions de l’Histoire, celle de la France et celle de Fidji à l’ère précoloniale, dans un rapport d’égalité entre les uns et les autres. 

Elle s’articule autour de quatre grandes thématiques.

La religion

L’entrée par la Chapelle du musée des Beaux-Arts impose une première interrogation sur la façon d’aborder le sacré. Un dialogue culturel nait entre le lieu et l’objet exposé : un temple miniature, bure kalou entièrement composé de fibres de coco, prêté par le musée du quai Branly – Jacques Chirac. 

La politique et le pouvoir des chefs

Cette époque marque le début de grands changements à Fidji, politiquement et socialement parlant. Des thématiques mises en avant dans l’exposition à travers l’évocation de personnages extrêmement importants dans la société fidjienne : les grands chefs.

Ils sont l’un des sujets centraux, à l’image des dessins et objets ramenés par Dumont d’Urville. Et notamment le portrait de Tanoa Visawaqa, chef de guerre Bau, considéré comme le plus grand chef de l’histoire fidjienne. 

Le monde des femmes

Les femmes sont très rarement représentées ou décrites dans les textes qui nous sont parvenus (qu’ils soient historiques ou plus contemporains), y compris celles de très haut rang. Elles sont pourtant omniprésentes dans les dessins d’Ernest Goupil et les objets féminins que rapportent l’expédition. 

Au centre de la salle d’exposition, une section est consacrée à la place centrale des femmes fidjienne dans la société de l’époque précoloniale. 

L’ethos masculin

En regard du monde féminin, les activités, les arts et les identités masculines se déclinent à travers les œuvres de l’exposition. C’est le monde des hommes, de la guerre et des pirogues, mais pas que…
 

Le récit vivant d'un archipel

L'exposition révèle aussi l'importance contemporaine de ces œuvres, en France comme à Fidji. Car ces événements d'octobre 1838 vivent encore dans la mémoire collective fidjienne. Ils ont été transmis de génération en génération par tradition orale et à travers les noms propres qui s'égrènent le long des généalogies. Ils participent des nombreuses versions de cette histoire fidjienne, à la fois particulière et partagée, que l'on se raconte dans les familles. 

Reflet de cette pratique de narration que l'on appelle talanoa en fidjien, l'exposition invite à prêter l'œil et l'oreille à ces histoires personnelles et incarnées de 1838, dont l'écho se prolonge jusque dans le présent.

Parmi les récits mobilisés pour contextualiser et sublimer les œuvres, des créations originales du poète fidjien Samson Verma, co-commissaire de l'exposition, viendront répondre aux mots des navigateurs.

La poésie, l'art de conter les histoires et la musique, emblématiques de la culture fidjienne passée comme actuelle, permettront de donner la parole aux membres de la communauté fidjienne installée en France aujourd'hui. Car c'est finalement la rencontre entre ces mondes, fidjien et français, contemporain et historique, que l'exposition « Fidji 1838 – Face à face » célèbre.
 

Massue, Fidji XIXe s. collection Léonce de Tarragon, dépôt du musée des Beaux-Arts et d'Histoire Naturelle de Châteaudun au musée des Beaux-Arts de Chartres. © Ville de Chartres – Musée des Beaux-Arts.

Des œuvres inédites créées pour l’exposition 

L'exposition s'achève sur deux œuvres contemporaines de Samson Verma, artiste fidjien et co-commissaire de l'exposition.

Ses créations s'inspirent du patchwork et illustrent la rencontre entre traditions fidjiennes et matériaux contemporains. Elles font référence à la vie en Océanie et dans les Fidji, faite de rencontres et de voyages. 
 

Des partenaires d’exception

Cette exposition est réalisée en partenariat avec le musée du quai Branly – Jacques Chirac, via une convention signée en juin 2025. Complémentaires, les collections des deux musées abritent des œuvres issues du même voyage de Jules Dumont d'Urville aux îles Fidji. Cette convention permet ainsi au musée des Beaux-Arts de bénéficier d'un commissariat scientifique associé et du prêt d'une cinquantaine d'œuvres par l'institution parisienne. 

L'exposition résulte d'un dialogue permanent entre le musée des Beaux-Arts de Chartres, le musée du quai Branly – Jacques Chirac (par l'intermédiaire de la commissaire Stéphanie Leclerc-Caffarel), et Samson Verma, co-commissaire de l'exposition et artiste. Un partenariat de taille pour une exposition de cette ampleur, mettant en lumière un sujet qui n'a jamais été traité ainsi au niveau national.

D'autres structures sont également partenaires de ce projet :

Pour aller plus loin

L’exposition s’accompagnera :

  • d’un catalogue de 104 pages
  • d’une série de podcasts originaux, en français et en anglais, afin d’approfondir certains sujets en lien avec l’exposition, la culture fidjienne, ses traditions, les détails historiques …

Informations pratiques

Cette exposition a lieu du 4 avril au 2 août 2026 :

  • Mardi, mercredi, vendredi et samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h.
  • Jeudi de 10h à 12h30 et de 14h à 20h.
  • Dimanche de 14h à 18h.
  • Fermé les lundis.

Adresse : 29, cloître Notre-Dame, 28000 Chartres.

Visite individuelle libre : sans réservation aux horaires d'ouverture.

Visite en groupe libre ou guidée : sur réservation auprès de l'Office de Tourisme au 02 37 18 26 23.

Tarifs :

  • Tarif plein : 7 €
  • Tarif réduit * : 3,50 €
  • Gratuit ** (voir conditions)

* Groupes (≥10).
** 1er dimanche de chaque mois sauf juillet et août, moins de 18 ans, étudiants, personnes handicapées, bénéficiaires du RSA ou assimilé, visiteur accompagnant une personne handicapée, groupes scolaires de Chartres et Chartres métropole et pré-visite de l'accompagnateur, Amis du Musée de Chartres, membres de la SAEL, membres de l'ICOM/ICOMOS, de l'association des Musées de la Région Centre-Val de Loire, détenteurs de la Carte Culture et du Pass Éducation, guides- conférenciers, journalistes. Il est également ajouté la gratuité lors de la Nuit Européenne des Musées, les Journées de l'Architecture, les Journées Européennes du Patrimoine, les Journées de l'Archéologie. Groupes et encadrants dans le cadre des activités proposées par le CCAS, les écoles de Chartres et de Chartres métropole.